Il existe un cliché tenace : pour vivre heureux quand on est LGBTQIA+, il faudrait forcément s’exiler dans le Marais à Paris ou dans les grandes métropoles comme Bordeaux ou Toulouse. Comme si l’orientation sexuelle ou l’identité de genre était une question d’urbanisme.
Chez Noahtia | L’Asso, on refuse cette fatalité. Nous sommes ici, en Périgord Noir, au milieu des châteaux, des rivières et des forêts, et nous y avons toute notre place. Mais pourquoi est-il si urgent de créer du lien ici, en milieu rural ? On a creusé le sujet, et les faits parlent d’eux-mêmes.
1. Nous sommes partout (même si on ne nous voit pas)
Statistiquement, les personnes LGBTQIA+ représentent entre 6% et 10% de la population, quel que soit le territoire. Cela signifie qu’en Dordogne, comme ailleurs, des milliers de personnes sont concernées.
Pourtant, une étude de l’IFOP pour la Fondation Jean Jaurès (2020) a mis le doigt sur une réalité douloureuse : la visibilité. En milieu rural, l’anonymat est difficile. « Tout le monde se connaît ». Résultat ? Une part importante des personnes LGBTQIA+ vivant à la campagne n’osent pas s’afficher ou en parler à leurs voisins, par peur du jugement ou du « qu’en-dira-t-on ».
2. Le poids du silence et de l’isolement
Contrairement aux villes où les agressions peuvent être physiques et verbales, la violence en milieu rural est souvent plus insidieuse : c’est celle du silence. C’est l’absence de modèles, l’absence de lieux de rencontre, et le sentiment terrible d’être « le seul » ou « la seule » au monde.
Cet isolement a un coût. Les rapports de SOS Homophobie et les données de santé publique sont formels : l’isolement social est un facteur aggravant pour la santé mentale.
- Les jeunes LGBTQIA+ ont 3 à 7 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels/cisgenres.
- Ce risque est accentué dans les zones où l’accès aux associations et aux structures de soins inclusives est limité.
C’est là que notre pilier « Prévention Santé » prend tout son sens. Créer du lien, ce n’est pas juste « sympa », c’est vital.
3. Noahtia : Créer un refuge au cœur du territoire
Alors, on fait quoi ? On déménage ? Surtout pas. On est convaincus que la ruralité est une terre d’avenir pour la diversité. Le Périgord Noir est une terre d’accueil et de solidarité, il lui manque juste des infrastructures visibles pour nos communautés.
Notre mission est triple :
- Visibiliser : Montrer qu’on peut être rural·e et Queer, fier·e et agriculteur·rice, trans et artisan·e.
- Rassembler : Avec nos événements culturels et notre futur collectif artistique & Drag, on crée ces fameux « espaces » qui manquent tant. Pour rire, célébrer et se sentir entouré·e.
- Protéger : En offrant une écoute, de la prévention et un cadre de bienveillance radicale.
Noahtia, c’est la preuve qu’on n’a pas besoin de choisir entre son identité et son amour pour la campagne. On tisse des liens, on apaise les cœurs, et on avance ensemble. Ici et maintenant.
